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Compte- rendu de la rencontre du 1er juillet 2015 entre la municipalité et le Mrap.

jeudi 23 juillet 2015 par mrap

Etaient présents :

-François Brière, Maire de Saint-Lô, Vice-président de Saint-Lô Agglo, Vice-président du Conseil départemental.

-Franck Levavasseur, Adjoint délégué au développement commercial et à la vie associative.

-Jacques Declosmenil, Martine Goulard, Daniel Letourneur, du Comité du Mrap

Le Mrap regrette vivement les relations difficiles qui se sont instaurées avec la nouvelle municipalité, justifiant cette rencontre. Pour le comité, ce constat résulte d’abord du non respect des engagements pris par la tête de liste François Brière à l’égard du Mrap lors des élections municipales (confer courriel du 2 mars 2014) et de l’absence de toute réponse à ses courriers :

lettre du 5 août 2014 (conflit israélo-palestinien)

lettre du 9 septembre 2014 (rappel du courriel et demande d’audience)

lettre du 12 novembre 2014 (photocopies pour les associations)

lettre du 3avril 2015 (21éme anniversaire du génocide au Rwanda).

Le Mrap le vit comme un manque de considération.

A cela s’ajoute, le non versement de la subvention demandée pour l’année 2015, sans aucun contact préalable et sans aucune explication. Le Mrap ne comprend pas cette décision, qui rompt, malheureusement, avec une longue tradition municipale de soutien aux associations de défense des droits de l’homme. La municipalité a-t-elle bien mesuré que cette décision apparaît conforme aux idées véhiculées par le Front National et à son programme ?

Monsieur le maire relève que les « cartons jaunes » distribués à la municipalité par le Mrap, au travers de déclarations publiques, sont perçus négativement par les élus. Il cite comme exemple, une conférence de presse où le Mrap a fait grief au maire d’avoir parrainé, le 3 mai 2014, une famille Kirghize, non ceint de son écharpe. (Confer article du journal La Presse de la Manche du 19 novembre 2014) En l’occurrence, Monsieur Brière rappelle que cette décision est juridiquement fondée sur les dispositions consacrées par la loi. Etre en conformité avec le droit s’impose à tous le maires. Il souligne que l’action dans la discrétion est souvent la meilleure méthode pour une action efficace, au contraire de l’agitation médiatique. Il mentionne que sa philosophie est d’entretenir des relations constructives avec toutes les associations, notamment le Mrap, pour promouvoir une ville fondée sur le bien vivre ensemble.

Sur l’absence de réponse aux courriers, Monsieur le maire indique qu’il est toujours possible de le joindre ou de joindre son secrétariat pour prendre un rendez-vous. S’agissant des questions relevant des enjeux diplomatiques ou des affaires étrangères, il considère, notamment pour éviter la concurrence des mémoires, que ces enjeux n’ont pas leur place dans les débats au conseil municipal.

Le Mrap note que le parti pris d’ignorer ses courriers a forcément des conséquences et qu’il revendique fortement une liberté d’expression et une totale indépendance à l’égard de la municipalité. Qu’il bénéficie ou non d’une subvention, partisan du débat démocratique, le Mrap poursuivra le combat, toujours inachevé, de la lutte contre les racismes et contre toutes les exclusions qui touchent les Français, mais aussi les étrangers, les exilés, les réfugiés, lesquels ne sont pas les responsables de la crise. Il constate un désaccord sur le refus, au plan moral, que le conseil municipal se positionne sur les questions internationales où la mémoire, la coopération et la fraternité entre les peuples sont un enjeu majeur. Pourtant, chaque année, la municipalité honore les victimes des attentats du 11 septembre 2001 contre les tours jumelles du World Trade Center à New-York, jamais les victimes du coup d’Etat au Chili, le 11 septembre 1973, qui a profondément marqué l’histoire militante de la ville (confer Salle des Fêtes Salvador Allende)

Monsieur Franck Levavasseur rappelle les enjeux financiers des subventions accordées aux associations. Une dérive évidente imposait une nécessaire remise à plat qui a été faite au cas par cas, et avec rigueur. Le maire adjoint souligne que le Mrap n’a pas fait de demande de subvention en 2014 et que le dernier bilan financier de l’association fait apparaître un excédent. Monsieur le maire relève que les subventions concernent 250 associations et que les collectivités locales sont confrontées à des difficultés de trésorerie en raison de la baisse des dotations de l’Etat. Le fait de ne plus accorder de subvention au Mrap, ou à telle ou telle autre association, ne traduit aucun ostracisme à leur égard et n’a pas d’autre raison que l’obligation d’une gestion rigoureuse de l’argent public. S’agissant des principes défendus par le Mrap, Monsieur le maire en donne pour preuve son engagement pour que la ville de Saint-Lô accueille de nouvelles places de CADA, en souhaitant toutefois éviter toute concentration des demandeurs d’asile dans un seul lieu.

Interpellé par le Mrap, dans un premier temps, le maire adjoint a considéré qu’une municipalité n’avait pas à fournir d’explications pour justifier ses choix politiques. Le Mrap se félicite du changement d’attitude ayant permis cette rencontre et répond que l’absence de demande en 2014 résulte de nouvelles procédures dans la transmission des dossiers, dont il a été victime. Il ajoute que ses ressources sont modestes et que ses militants, indépendamment du coût de l’adhésion, font souvent l’impasse sur les dépenses personnelles réalisées au bénéfice de l’activité du mouvement.

Il argumente que nous sommes dans une période critique de montée du racisme et de la xénophobie, de la barbarie qui subvertit le monde civilisé et où les autorités politiques et morales en appellent à la mobilisation civique. En se refusant à subventionner le fonctionnement du Mrap, la municipalité, de fait et qu’elle le veuille ou non, envoie un signal politique majeur qui conforte les extrémismes. Cette annonce risque d’apparaître comme la volonté de dire non aux efforts inlassables qu’il faut mettre en œuvre pour faire reculer la haine et promouvoir l’éducation populaire.

Si des redéploiements de crédits sont indispensables, alors ils justifient de définir des priorités et, concernant les associations, de privilégier un dialogue avec l’Office de la Vie Associative. Sachant le rôle irremplaçable que joue dans l’agglomération saint-loise le riche tissu associatif, en particulier celui tourné vers la solidarité, ne faut-il pas que la rigueur concerne aussi le « show-biz », fortement soutenu par la municipalité au travers d’opérations comme la fête de la musique (45 OOO euros à comparer aux 168 euros de subvention non accordée au Mrap !) ou l’accueil du Tour de France ?

En conclusion, Monsieur le maire, qui prend acte de l’engagement civique des militants du Mrap et de sa demande qu’une subvention de 168 euros lui soit à nouveau versée en 2015, propose au comité de définir clairement ses actions au bénéfice des Saint-lois et les moyens nécessaires à mettre en œuvre pour les réaliser, cela afin que la municipalité puisse éventuellement accorder des aides adaptées. Le compte-rendu ci-dessus a été rédigé par le Mrap et transmis à Monsieur le maire le 2 juillet pour validation et observations éventuelles. Monsieur le maire nous a fait connaître, le 22 juillet, les réflexions que lui inspire le document. Ci-après nous les reproduisons in extenso, sans commentaire.

« Le Mrap regrette vivement les relations difficiles qui se sont instaurées avec la nouvelle municipalité » : je ne partage nullement ce point de vue ! Je reçois tous les acteurs de la vie municipale (au sens large) qui le souhaitent. Encore faut-il solliciter le RDV, ce que vous n’aviez pas fait avant le mois de juin 2015… Je vous redonne le numéro de mon secrétariat : 02 33 77 60 05 ; « justifiant cette rencontre » non ! Une rencontre entre une association saint-loise et le maire de Saint-Lô ne revêt pas de caractère exceptionnel ; « non respect des engagements pris par la tête de liste François Brière (…) » je vous ai expliqué, lors de notre entretien, ma vision des choses. J’espère que le message est passé. Et je le redis uneXème fois : ma porte vous est toujours ouverte ; le non versement de la subvention : Franck Levavasseur et moi-même, nous vous l’avons dit très clairement : nous souhaitons accompagner les associations saint-loises sur des PROJETS et étudier avec chacune d’entre elles les meilleurs moyens d’un partenariat. Et le dépôt d’une demande de subvention est INDISPENDABLE (ce que vous n’avez pas fait). Le Mrap est bien entendu, traité avec le même égard que les autres associations ; le parrainage civil et le fait de ne pas porter l’écharpe :

5)a) le maire constate le parrainage d’individus (et non de famille)

5)b) le parrainage civil n’est pas un acte d’état civil ; j’aimerais que vous le précisiez très clairement ;

6) « ignorer les courriers » : non… Vous exprimez vous-même (paragraphe précédent) notre conception des enjeux diplomatiques ;

7) commémorations du 11/09 : oui, Saint-Lô continuera à commémorer cette date, façon de s’unir directement à nos libérateurs US ;

8) La ville ne refuse absolument pas d’apporter une subvention au MRAP (cf. ci- dessus : projet + dépôt de dossier). Je ne partage absolument pas votre analyse sur « le signal politique majeur » !

9) Rapport à la fête de la musique et au tour de France : votre propos vous appartient, mais il me surprend quand même, car ces événements permettent aussi de faire découvrit d’autres cultures, musiques, territoires, etc…Enfin, l’événementiel fait pleinement partie de l’attractivité d’une Ville.

10) votre conclusion : nous sommes bien d’accord : nous attendons un projet et une demande en bonne et due forme, dont les termes vous appartiennent. A votre disposition pour de plus amples échanges, dès que vous le souhaitez. Bien cordialement François BRIERE


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