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CHOMAGE : S’ENGAGER CONTRE LES MENSONGES DU FRONT NATIONAL

lundi 3 avril 2017 par mrap

La France est depuis longtemps en crise. La gauche et la droite se succèdent au pouvoir appliquant, à quelques nuances prêt, la même politique. Beaucoup ressentent la violence de cette crise dans leur vie quotidienne : incertitude du lendemain, sentiment d’abandon et d’augmentation des inégalités, accumulation des peurs et des angoisses. Face à cette situation dramatique trop d’élus se perdent dans des jeux d’appareils et un spectacle médiatique coupé de la réalité, quand ils ne se laissent pas aller à l’affairisme et à l’enrichissement personnel. Dans un contexte de chômage de masse de nouveaux extrémismes politiques, qui portent des discours contre les étrangers accusés de tous les maux, se renforcent : ils prendraient le travail des français, ils coûteraient chers à la sécurité sociale...

Cette parole a un impact incontestable. Des populations locales, lourdement frappées par le délitement de notre société, ont le sentiment que les réfugiés passent avant eux. Des Français, et notamment ceux davantage confrontés à des vies de plus en plus dures, résultant de la mondialisation libérale et de sa version européenne, sont frappés par le syndrome du bouc-émissaire consistant à imputer la responsabilité de leurs difficultés économiques aux immigrés. Ces Français considèrent qu’aujourd’hui : "il n’y en pas assez pour tout le monde" et qu’il faudrait privilégier les nationaux. Il convient le dire clairement : opposer une misère à une autre, faire une différence entre précaires français et étrangers, est insupportable et contraire à la fraternité républicaine. La vraie cause du marasme, dont les premières victimes sont toujours les immigrés, c’est prioritairement la recherche du profit par les actionnaires des grandes entreprises du CAC 40 : si elles licencient, n’embauchent pas assez, délocalisent, détruisent les acquis sociaux, mettent à mal leurs sous-traitants, c’est parce qu’elles veulent augmenter les profits. Et pourtant le Front National se refuse à inquiéter le capital.

Au moment où l’élection présidentielle pose la question de construire enfin l’alternative, il est essentiel que les travailleurs prennent bien conscience des idées fallacieuses du Front National qui polluent le débat sur l’immigration. La vérité c’est que les immigrés apportent avant tout la main d’œuvre dont l’économie a besoin. S’agissant de l’emploi, il y a complémentarité entre les postes occupés par les autochtones et ceux dévolus aux immigrés qui ne prennent donc pas le travail de quiconque. Leur présence permet aux Français de tenir des postes généralement plus qualifiés et plus rémunérés. Par leur labeur, ils participent à la création de richesses et il n’y a pas de cause à effet entre l’immigration et le chômage. Pour preuve, dans les pays qui accueillent beaucoup plus d’immigrés que la France, le taux de chômage est nettement plus faible (Allemagne, Canada). L’instauration de mesures discriminatoires à l’encontre des salariés étrangers fragilise aussi les salariés Français et est contraire au droit international et aux normes de l’ Organisation internationale du travail (OIT). Ces mesures dédouanent le patronat de sa lourde responsabilité en matière de chômage frappant d’abord la classe ouvrière. De plus, la consommation des étrangers génère une demande pour les entreprises. Les études et travaux menées sur les conséquences économiques de l’immigration sur les pays d’accueil convergent pour constater que l’immigration a un effet positif. Elle a aussi un effet bénéfique sur les finances publiques. Les immigrés apportent plus qu’il ne coûtent aux caisses de l’État et de la Sécurité sociale. Ils cotisent à celle-ci y compris les "travailleurs sans papiers". Ils payent l’impôt sous plusieurs formes : impôts sur le revenu, la taxe d’habitation, voire la taxe foncière et surtout la TVA.

La France est dans le monde et plus qu’ailleurs le monde est dans la France. N’acceptons pas que l’on dise à nos concitoyens que le prolétaire étranger est un envahisseur, ne stigmatisons pas les cultures différentes. Les travailleurs ne doivent plus se laisser manipuler, diviser et s’interroger : veulent-ils d’un pays où les diverses formes de racisme gangrènent notre société : antisémitisme, islamophobie, négrophobie.. où d’une société plus juste, plus humaine avec une réelle égalité des droits pour toutes et pour tous ? Notre nation, demain, doit continuer d’être un pays arc-en-ciel, brassage de cultures et d’appartenances multiples.

La vérité c’est que les migrations sont un phénomène naturel de l’humanité. Le péril mortel, c’est un capitalisme qui permet à quelques personnes dans le monde de s’approprier autant que des nations entières et misérables, poussant à l’exil de leurs populations. Contre un système au service unique des multinationales et de la financiarisation qui partout sème le chaos, contre l’affolement et les fantasmes, il faut parvenir à une régulation humaine et bienveillante de ces mouvements migratoires qui, au final, doivent profiter à tous. Au demeurant, la part des immigrés, (8,9 % de la population résidant en France au 1er janvier 2014) et qui ne sont pas tous de nationalité étrangère, ne s’est accrue que de 0,8 point entre 2006 et 2014 (source INSEE).

Nul ne conteste que chez les ouvriers qui votaient pour la gauche, le passage vers le vote Front National a presque toujours une connotation anti-immigrés. Eu égard au discrédit du politique, nous appelons donc tous ceux attachés aux valeurs républicaines et à une citoyenneté active, à s’engager de toute urgence pour combattre les arguments mensongers du Front National, qui conduisent les couches populaires déboussolées à se réfugier dans une contestation extrémiste qui ne peut qu’aboutir pour elles à une catastrophe politique et économique et sociale.

A Saint-Lô le 03 avril 2017


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