UNE RENTREE TERRIBLE

mardi 27 septembre 2016 par mrap

C’est une rentrée terrible que nous vivons. Elle est marquée par l’horreur du terrorisme et par la montée, comme jamais, de la xénophobie et du racisme à front bas. Alors que les premières préoccupations des Français sont la crise économique, la fracture sociale et le chômage, nous sommes atterrés de constater que le discours politico-médiatique ambiant est écrasé par l’amalgame entre terrorismes, migrations, islam et par les débats sur l’identité nationale. Ce contexte nous impose de réagir.

La lutte contre le terrorisme, dont la misère et toutes les formes d’insécurité sociale sont le terreau, est engagée depuis le 11 septembre 2001. Qui peut croire que cette bataille se gagnera seulement par les armes ? La politique du "tout sécuritaire" ne peut être la seule réponse à la violence des attaques que subit la société française. Cette politique ne peut davantage être la plus appropriée pour faire reculer le désespoir de jeunes en rupture et marginalisés. Ces jeunes cherchent la réponse à leur mal vivre dans une radicalisation d’une extrême violence, qui traduit une haine de la société. Cette situation suscite de nouveaux extrémismes. A cette jeunesse, quel idéal peut proposer notre démocratie ? Le combat essentiel est donc celui pour la construction d’un nouveau monde plus juste, plus égalitaire et plus respectueux des peuples. Pour y parvenir, il faut notamment agir contre toutes les formes de racisme et pour le respect des Droits de l’ Homme.

LE DISCOURS RACISTE

Le discours raciste apparaît de plus en plus acceptable et sa banalisation ne heurte plus les consciences. Submergés par le flot qui monte, beaucoup se taisent alors qu’ils devaient parler et agir. Les périls de l’indifférence grandissent. Nos compatriotes venus d’ailleurs, et en particulier ceux ayant une origine arabe ou plus ou moins musulmans, sont suspectés de ne pas être de "vrais Français", d’être une "cinquième colonne". Quelle est la France du mérite ? Celle de la longue liste de nos "élites" qui trichent et fraudent : les Bernard Arnaud, les Cahuzac, les chanteurs comme Johnny, les comédiens comme Depardieu, les tennismans qui parcourent le monde ? Ne serait-elle pas plutôt celle des "blacks" et des "beurs" qui montent sur les podiums et gagnent des médailles ? Ne serait-elle pas plutôt celle des ateliers "à sueur" où sont exploités les Abdelkader, Ali, Mamadou ou Kamel, autant d’emplois que nombre de "souchiens" ne veulent plus occuper ? Indiscutablement ceux-là ne sont pas "Gaulois" mais ils ne font pas moins partie de la communauté nationale que ces "élites" qui hantent les paradis fiscaux de la Suisse ou du Luxembourg. Ces travailleurs immigrés, souvent dans l’ombre, par leur travail et leurs impôts, contribuent à la vie collective. Au moment où un mauvais vent souffle et redouble sur la France, voila la signification que doit avoir la notion de communauté nationale. Cette signifiance est loin de la xénophobie prônée par l’extrême droite, ses satellites et la droite représentée par Nicolas Sarkozy. La France c’est enrichie au fil des siècles d’influences multiples : romaine, germanique, arabe, italienne... La seule France est celle de la diversité. Souvenons-nous de nos belles racines. L’article 4 de la Constitution de 1793, la Constitution de la Convention, mentionnait : " Tout homme né et domicilié en France, âgé de vingt ans accomplis ; tout étranger âgé de vingt et un an accomplis, qui est domicilié en France depuis une année - y vit de son travail - ou acquiert une propriété - ou épouse une Française - ou adopte un enfant - ou nourrit un vieillard ; tout étranger enfin qui sera jugé digne par le Corps législatif avoir mérité de l’humanité - est admis à l’exercice des droits de citoyen Français ." 223 ans après, le simple droit de vote et d’éligibilité pour les résidents étrangers reste toujours à conquérir !

Nous constatons aussi que des torrents de haine se répandent sur les réseaux sociaux. Dans la Manche aussi le pire s’exprime. En attestent les propos du député Guénahaël Huet. En juin dernier, a eu lieu l’assassinat à Magneville dans les Yvelines, des policiers Jessica Scheinder et Jean-Baptiste Salvaing. En réponse à la compassion manifestée par le collectif des mosquées du Montois, Guénahaël Huet a osé s’interroger sur "la sincérité ou la duplicité" de ces citoyens français de confession musulmane. De même, s’agissant de la rhétorique de haine à l’encontre de cette religion. Cette rhétorique s’exprime régulièrement, notamment au travers de courriers de lecteurs, par exemple, dans un grand hebdomadaire de la région : "On a mis les Français à la porte de chez nous (Algérie) et nous viendrons bientôt vous envahir comme nous l’avons fait ici. Si tu ne crèves pas avant de rentrer, je te crèverai en France." Aujourd’hui la puissance du torrent est devenue dangereuse pour la démocratie. Notre ville, n’est pas une banlieue inhumaine et il n’y existe aucun problème de cohabitation entre les "souchiens" et les immigrés. Et pourtant, en 2015 dans le canton de Saint-Lô 1, au deuxième tour des élections départementales, les candidats du Front National, qu’on ne connaissait pas, ont obtenu plus de 20% suffrages exprimés. Les votes blancs ou nuls ont dépassé 10%. N’y a-t-il pas là les prémisses de futurs matins bruns qui exigent un sursaut ? Ne rêvons pas. L’histoire nous enseigne que jamais et nulle part dans le monde, l’extrême-droite n’a apporté aux peuples le progrès social et économique. Toujours, l’extrême-droite ment pour arriver au pouvoir. Toujours l’extrême-droite se retourne contre les couches populaires. Il y a la vitrine de la "dédiabolisation" et les entrailles du parti. Derrière le camouflage, le naturel revient au galop. Aux dernières élections régionales Nicolas Bay, tête de liste du Rassemblement Bleu Marine en Normandie, a donné comme exemple d’insoumission des Normands... la Chouannerie !

Notre inquiétude est grande au regard des ambitions électoralistes. Nous savons, dans un contexte de désarroi économique et social, que la campagne pour les primaires du parti Républicain et que celles pour les élections présidentielle et législative, vont conduire beaucoup de candidats à exacerber les tensions racistes islamophobes. Les échéances électorales vont conduire à stigmatiser des pans entiers de la populations : étrangers, "assistés", habitants des quartiers "difficiles". A chaque échéance électorale, la surenchère populiste s’accroît et la fange xénophobe monte. De plus la vague populiste et d’extrême droite déferle sur tous les pays européens.

L’ EFFACEMENT ET LA MARGINALISATION DES ASSOCIATIONS

Face à un climat général parfois nauséabond et qui ne cesse de s’aggraver, les moyens de lutte contre ces dérives ne sont pas à la hauteur. Notre voix est bien trop faible et largement inaudible. Nous nous félicitons donc de toutes les initiatives locales pour sensibiliser aux valeurs fondamentales du respect de l’autre. Telle la semaine organisée par le Centre Mandela : "Parlons laïcité et valeurs de la République". Telle la formation assurée par la Direction Régionale des Sports et de la Cohésion Sociale de Normandie : Valeurs de la République et laïcité". Pour contribuer au débat, le Comité du Mrap a diffusé un tract qui rappelle les causes d’une situation délétère et quelques vérités. Certes, la laïcité est parfois menacée par une symbolique religieuse discriminante ou des valeurs traditionalistes. Ces questions ne concernent pas que l’Islam intégriste. Le refus, par une frange conservatrice et un groupe de catholiques identitaires, du mariage pour tous, au nom du "partage sexué des rôles" et des "différences de nature", le prouve. Contre un vote démocratique des représentants du peuple souverain, là aussi, existe une volonté de ne pas respecter la loi de hommes. Ces catholiques identitaires, Philippe Gosselin, député de Saint-Lô, en porte la bannière.

Dans ce tract, nous faisons aussi le constat des causes de l’affaiblissement, voire de l’effacement des associations qui mènent le légitime combat contre les discriminations et pour l’égalité des droits. Ces associations qui œuvrent au quotidien sont largement disqualifiées. A Saint-Lô, par exemple, d’un côté, il y a le discours lénifiant de la municipalité : "Que l’ensemble des bénévoles du tissu associatif Saint-Lois soit remercié pour leur engagement et leur volonté de faire de Saint-Lô une ville reconnue comme un territoire riche, dynamique, attractif et moteur pour ses habitants." De l’autre, la municipalité affiche une rigueur et une approche privilégiant "les Saint-Lois d’abord" qui interpellent : " La ville peut apporter une aide financière et matérielle à une association lorsque celle-ci présente un intérêt ou une utilité pour les Saint-Lois. En aucun cas la subvention n’est un placement sur un compte et ne doit pas être thésaurisée. Une aide doit faire l’objet d’une demande justifiée." C’est un message suspicieux et forcément négatif qui est envoyé. En particulier à l’égard des petites associations qui bénéficient chaque année d’une aide modeste de 200 à 500 euros ! Ce message va à l’encontre de la participation citoyenne et de la capacité des associations à s’engager. En 2015, hors de tout dialogue, la baisse globale des subventions décidée par la municipalité a été de près de 20% ! Aujourd’hui, se posent dramatiquement les questions de la restauration du lien social et de la solidarité. Pourtant les associations sont les premières touchées par la restriction des marges des collectivités locales. Les associations sont également victimes de financements moindre de l’État. Face à des évolutions inquiétantes, l’équipe de l’Office de la Vie Associative se doit de marquer sa préoccupation.

Autre constat, l’ignorance méprisante ou la marginalisation d’associations comme le Mrap. Il suffit pour s’en convaincre de relever l’absence de toute réponse aux interpellations de notre Comité depuis le début de l’année :

- lettre au préfet de la Manche sur la question des aires de grands passage pour les groupes importants de caravanes (dossier en souffrance depuis 14 ans !),

- courriers au maire de Saint-Lô proposant que le conseil municipal adopte un vœu pour la reconnaissance, comme crime d’État, des massacres de Sétif, Guelma, Keratta le 8 mai 1945 en Algérie ; souhait que soit présenté au conseil municipal un rapport exhaustif sur la présence des migrants dans le pays Saint-Lois et les initiatives engagées par la ville pour faciliter leur insertion. Sur ce point, notre ville devrait se souvenir qu’une de ses rues porte le nom de l’Exode. Cela en mémoire des centaines de Saint-Lois fuyant, pitoyables et miséreux, les bombardements de juin 1944. Telles les populations du Moyen-Orient fuyant chaque jour les bombardements de Daesh, du régime Syrien, de la Russie, des États-Unis, de la Turquie, de la France...

INDIFFERENCE, INHUMANITE, HONTE, DOULEUR ET INDIGNATION

Rappelons que depuis l’année 2000 plus de 20 000 migrants sont morts en tentant de gagner l’Europe principalement en traversant la Méditerranée. C’est de l’ordre de l’engloutissement complet de la population de la ville de Saint-Lô ! L’urgence absolue est donc l’accueil de ces enfants, de ces femmes et de ces hommes qui veulent échapper à la dictature, à la guerre, aux persécutions et aux barbelés de la honte. 500 cadavres d’enfants ont échoué sur nos côtes depuis janvier 2016, semblables à celui du petit Syrien Aylan, âgé de 3 ans, dont la photographie avait tant bouleversé le monde !

Comment ne pas avoir mal face à l’indifférence et à la non assistance à personne en danger. Quant on sait, s’agissant des flux migratoires, que la France est loin d’être en première ligne. Quant on sait que le chemin de la solidarité, choisi par des communes exemplaires, permettrait de faire face aux besoins d’accueil ? S’agissant des Centres d’Accueil et d’Orientation pour les migrants de la jungle de Calais il faut, en concertation avec la préfecture, que notre département fasse un effort d’information, de sensibilisation et de mobilisation. (813 places seraient à créer en Normandie : 3 328 364 habitants soit 0,02 % de sa population !) Les principales villes de la Manche : Avranches, Cherbourg, Coutances, ne doivent pas demeurer dans les postures frileuses qui semblent être les leurs aujourd’hui. Une référence existe : la somme impressionnante des réalisations, événements et projets (500) pour la venue du tour de France. Cette somme a mis en mouvement les maires, les responsables du monde des entreprises, scolaires, associatifs, des éducateurs, des commerçants, le show-biz, la presse locale... Pour le tour de France, le département a investi 2,9 millions d’euros, Saint-Lô Agglo et la ville préfecture 180 000 euros ! Son adjoint au maire, délégué à la culture, vient de nous adresser des mots justes : "l’impatience, l’intolérance, la suffisance ont trouvé leurs apôtres. Heureusement, une majorité d’hommes et de femmes de bonne volonté de par le monde cherchent des solutions, la lumière, la seule, la vraie, parfois la trouvent et la partagent". Tout au contraire, les élus de notre département vont-ils définitivement privilégier la loi du tapage médiatique et des dépenses outrancières du sport spectacle, sur la fraternité à l’égard des détresses du monde ? Cela afficherait une inhumanité et un manque de dignité pour l’accueil insupportable. Les frilosités sont justifiées par l’inquiétude et les réactions hostiles des populations. Face aux carences des administrations, beaucoup d’initiatives prises par des réseaux de solidarité pour accueillir ceux qui cherchent un asile : associations humanitaires, collectifs, chrétiens dans la droite ligne du pape François, bénévoles altruistes, font honneur aux valeurs républicaines. C’est un point d’appui essentiel pour réussir l’accueil et l’intégration. En tout état de cause, cette hostilité résulte largement d’un climat hystérique conforté par l’attitude des notables qui, tels des parlementaires de notre département et les élus qui leurs sont assujettis, soufflent sur les braises et accréditent les fantasmes. Ainsi ne ne faut-il pas considérer comme une véritable provocation la déclaration de Philippe Bas, sénateur, président de la commission des lois, président du conseil départemental : "Nous ne pouvons pas être les mieux disant pour l’accueil des étrangers en Europe, nous voulons au contraire être les plus sévères" ?

Il y a 70 ans l’Europe était confrontée à l’accueil de milliers d’Allemands et d’ Autrichiens fuyant le nazisme. Certains, craignant une immigration étrangère, affichaient déjà leurs réticences. Avec le recul cela nous indigne. Les générations futures ne jugeront-elles pas scandaleuses les tergiversations de l’Union Européenne et les réactions xénophobes de beaucoup de Français ?

Redisons-le également, concernant l’action humanitaire à l’égard des populations en grande difficulté, il ne doit pas exister de hiérarchie. Il faut refuser d’opposer une misère à une autre : les précaires Français aux précaires étrangers. Il faut refuser de trier entre "les bons" et les "mauvais" migrants. Quand nous accueillons des immigrés nous constatons qu’ils sont exposés aux discriminations et aux frustrations de toutes sortes, qu’ils vivent dans les conditions les plus dures.

Comment ne pas avoir honte quand le Front National, relayé par quelques autres, lance une opération dite "ma commune sans migrants" comme d’autres, dans les années 30, voulaient des communes sans "espagnols", alors massacrés par la dictature ? Jusqu’où faudra-t-il aller pour que se réveillent les consciences et surtout celles des élus, tels Brigitte Boigerault et Mathieu Johann-Lepresle, conseillers départementaux. L’une et l’autre ont posé récemment tout sourire dans la presse, avec Fernand Lerachinel, personnage emblématique de l’extrême-droite, qui fut le bras droit de Jean Marie Le Pen. Comment ces conseillers départementaux peuvent-ils effacer que Fernand Lerachinel a fait preuve d’ignominie en affirmant : "L’inégalité des races est évidente, même si c’est un sujet tabou" ? Quand s’affiche une telle complicité, que reste-t-il des cordons sanitaires et des digues contre les idées de haine ?

Comment ne pas ressentir douloureusement, le fait que la parole de tous ceux qui témoignent encore que le racisme est l’infirmité la plus répugnante des divers laideurs de l’humanité, est négligée. Tout comme est négligée la parole de ceux qui témoignent de l’histoire des crimes qu’a engendré le racisme : esclavagisme, colonialisme, génocides... Dans un contexte de souffrance et de colère de la population, ces engagements laissent bien peu de traces dans l’âme de trop de nos concitoyens et notamment des jeunes.

Comment enfin, ne pas être indigné en considération de l’augmentation constante des dépenses militaires dans le monde. Ces dépenses sont passées de 1144 milliards de dollars en 2001 à 1773 milliards en 2015. Dans le même temps, le Programme Alimentaire Mondial aurait besoin de 353 millions de dollars pour venir en aide aux réfugiés installés dans les camps et le PAM ne les a pas ! Selon le Programme des Nations Unies pour le Développement, l’utilisation de 5% des dépenses militaires mondiales pendant 10 ans, permettrait de résoudre les principaux problèmes de l’humanité : alimentation en eau, faim, analphabétisme, grandes maladies..., sans parler de l’argent engloutit dans l’énorme évasion fiscale et la corruption.

L’URGENCE DE SE RASSEMBLER ET D’EDUQUER

Un raciste est le plus souvent quelqu’un qui se trompe de colère. Eu égard à la montée des extrémismes, à la banalisation de la haine, aux discours populistes, nous en appelons au rassemblement de tous les antiracistes. Nous savons aussi que les insuffisances en matière de transmission des savoirs font que dans la population existe une large méconnaissance concernant la formation du citoyen et la vertu civique, les libertés publiques et la vie politique, l’histoire (La France a eu un grand empire colonial en terre musulmane). La population est aussi confrontée à une télévision où dominent les programmes simplistes, démagogiques et serviles qui font la part belle aux paroles imprégnées de racisme. Les égoïsmes et la tentation de privilégier l’ethnocentrisme se renforcent. Parce que le Front National est en passe de gagner la bataille des idées, seule une éducation populaire revivifiée permettra de renverser la pente du délitement de la communauté nationale. Aujourd’hui cette éducation, portée par la bonne volonté de quelques forces militantes résiduelles, est un vain mot. Nous appelons à en faire un axe fondamental d’une politique volontariste de l’État et des collectivités locales. L’éducation populaire doit aussi et surtout, par le biais d’association de proximité, être largement accessible aux populations victimes de la ségrégation éducative. Il faut surmonter les frilosités, les craintes et les stéréotypes. Ainsi, il n’a pas été possible, dans le cadre de la programmation par le Centre Mande de la semaine : "Parlons laïcité et valeurs de la République" de diffuser le tract du Mrap, mouvement ayant pourtant reçu du Ministre de l’éducation nationale l’agrément d’association éducative complémentaire de l’enseignement public. La décision a été justifiée, au nom de la neutralité et du refus de privilégier une parole sur une autre. Comme si, dans le contexte de poussée populiste, de fractures identitaires et religieuses, de formes larvées de guerre civile, toutes les paroles se valaient.

La situation est grave et nécessite la mobilisation de chacun : monde associatif, syndicats, élus, médias... Il y a un état d’urgence absolue à éduquer pour vivre ensemble. Il y a un état d’urgence absolue à combattre les mensonges et les amalgames. Il y a un état d’urgence absolue à faire comprendre à toutes les victimes de la crise qu’ils doivent refuser de rendre responsables de leur déclassement, de leur exaspération ou de leur malaise, des boucs-émissaires : étranger, exilé, réfugié qui ne sont pas la cause du marasme. C’est indispensable pour barrer la route à toutes les idées racistes et xénophobes. C’est indispensable pour que puisse être mené solidairement, contre la finance et les multinationales qui broient les hommes, le combat politique pour la justice. C’est indispensable pour rendre tout son sens à la démocratie et à la citoyenneté. C’est absolument vital pour conjurer, s’il en est encore temps, les discriminations institutionnelles ressenties par les minorités, le cris de haine et les périls mortels qui menacent les valeurs républicaines.

Avec le monde militant de notre ville, rassemblé dans le collectif contre les idées d’extrême droite, né en 1997, nous avons fait reculer les idées de haine. "Plus jamais ça" fut son idéal. Les hommes et les femmes de ce collectif ont cru à un monde de fraternité. Aujourd’hui ce qui reste du monde militant Saint-Lois semble avoir des yeux et ne pas voir, des oreilles et ne pas entendre. Les nuages noirs sont pourtant bien plus nombreux maintenant. Pourquoi ce que nous avons fait ensemble hier, ne serions-nous pas capable de le refaire demain ? Il nous faut encore recommencer parce que le vaccin n’est toujours pas trouvé, ni contre le racisme, ni contre l’antisémitisme, ni contre l’injustice, ni contre la guerre, ni contre le nationalisme.

Pour conclure, face au retour de la bête, imprégnons-nous des mots de Bertold Brecht : "Qui reste au coin du feu quand la lutte commence. Et laisse d’autre défendre sa cause. Qu’il prenne garde, car s’il na pas pris part à la lutte il partagera la défaite. Il n’échappera pas même à la lutte en voulant l’éviter car il luttera pour la cause ennemie celui qui n’a pas lutté pour la sienne."

A Saint-Lô le 27 septembre 2016


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