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PARLONS DES VALEURS DE LA REPUBLIQUE : EDUQUER POUR RENDRE TOUT SON SENS A LA DEMOCRATIE ET A LA CITOYENNETE

vendredi 9 septembre 2016 par mrap

UN DISCOURS DOMINANT ?

Depuis des années des groupes ethniques, à dessein, sont opposés les uns contre les autres dans le but de camoufler le malaise social dont ils sont tous les victimes. Le développement des préjugés racistes s’inscrit dans un climat délétère qui entretient les clivages, plutôt que la valorisation du "vivre ensemble" et la connaissance de l’autre.

Ainsi, les Maghrébins voient leurs faits et gestes, paroles ou accessoires vestimentaires, interprétés comme de l’incitation au terrorisme. Les Africains sont accusés de profiter des avantages sociaux. Les Asiatiques seraient riches. Les Roms seraient des adeptes de la mendicité...

LES CAUSES DE CETTE SITUATION

Notre monde est sous la domination de puissances mondiales et de lobbies ayant des volontés d’hégémonie géopolitique et économique. Celles-ci portent la lourde responsabilité d’une conjoncture dominée par des mauvais vents. L’économie qui broie les hommes est sous la tutelle de la finance et des multinationales. Ce n’est pas l’étranger, l’exilé, le réfugié qui sont la cause du marasme qui touche notre planète : massacre de l’environnement ; chômage de masse ; pauvres qui s’appauvrissent et riches qui s’enrichissent ; nations sombrant dans le chaos économique ; interventions militaires expression de la force sans contrôle ; instabilité financière et énorme évasion fiscale ; destruction de la démocratie ; corruption et amoralisme... C’est un terreau fertile pour les organisations politiques ou intégristes qui usent du terrorisme comme moyen d’action et une incitation forte au repliement sur les groupes ethniques, religieux, communautaires.

En France, depuis des années une crise grave de la représentativité et des problèmes sociaux dramatiques sur l’ensemble du territoire font que beaucoup de nos concitoyens en état de souffrance ou de colère, tombent dans le communautarisme "racial" ou "ethnique" et dans la vengeance à l’encontre d’autres groupes humains, plus fragiles, plus isolés, plus méprisés ou supposés plus riches ou moins pauvres qu’eux. La question de la radicalisation se pose donc à l’ensemble de notre société. Face à ce défouloir raciste, force est de constater l’affaiblissement, voire l’effacement, des associations qui font vivre l’éducation populaire et mènent un légitime combat contre les discriminations et pour l’égalité des droits et de traitement. Le constat est accablant. Les associations citoyennes dans le domaine du social, de la santé, de la culture, de l’environnement... sont attaquées, disqualifiées. Leur parole est ignorée ou marginalisée. Tout ce qui relève des initiatives citoyennes sous une forme associative est menacé de disparaître pour cause de ringardise et d’inutilité. Le marché entrepreneurial lucratif et spéculatif et la philanthropie intéressée, sont convoqués pour prendre le relais de ces actions. A cela, s’ajoute la mise en cause et la déstructuration tragiques des services publics de proximité, indispensables au maintien du lien social, l’action publique étant considérée comme improductive et inefficace !

LA VERITE

Il faut une prise de conscience par les États et la communauté internationale que les migrations sont une composante naturelle de l’humanité qui doit devenir un élément du développement harmonieux des peuples. Aujourd’hui, s’agissant de l’afflux migratoire qui touche l’Europe, ce sont la Grèce et l’Italie qui sont en première ligne, pas la France. La quasi-totalité des personnes d’origine maghrébine est absolument pacifique et ce sont les premières et principales victimes des attentats. Les Musulmans ne sauraient être confondus avec des individus en dérive sectaire criminelle. Il est absurde de considérer que les femmes de cette culture qui s’habillent de la façon leur convenant revendiqueraient un soutien au terrorisme. La plupart recherchent une intimité qui les met à l’abri de l’hostilité de l’autre. Les Africains qui émigrent vers l’Europe fuient la misère et des régimes corrompus. Ils fuient les ruines des déséquilibres du monde, la malnutrition, l’absence de soins, les difficultés d’accès à l’éducation... Les habitants du Moyen Orient tentent de survivre au milieu des conflits alimentés par les pays marchands d’armes et n’ont d’autre perspective que de mourir sous les bombardements, qu’ils soient ceux de Daesh, d’Assad, de la Russie, de la Turquie, de la France... Les Asiatiques ne sont pour la majorité d’entre-eux, que des "esclaves" exploités par des réseaux de type mafieux. Les Roms sont les victimes d’un violent racisme dans leur pays d’attache, ne leur laissant comme seule issue que de partir.

Et pourtant l’espoir existe. Les citoyens français issus de l’immigration Maghrébine Musulmane et Africaine adhérent pour leur plus grande partie aux valeurs de la République, car ils savent que c’est le meilleur moyen d’accéder aux responsabilités sociales, professionnelles et politiques dans notre société et les exemples d’intégration réussie sont nombreux.

QUE FAIRE ?

Dans le cadre d’une communauté de citoyens, face aux inquiétudes, à l’exaspération contre "les élites", à la complexité des choses et au déchaînement de l’obsession sécuritaire, il est urgent de s’inscrire dans une démarche visant à déconstruire les préjugés et à lutter pour que cesse l’exclusion toujours plus grande des plus faibles. Une société réellement égalitaire reste à construire.

Eu égard également à une large inculture dans la population concernant la formation et la vertu civique, les libertés publiques et la vie politique, une prise de conscience pour renverser la pente du délitement de la communauté nationale ne sera réalisable que dans le cadre d’une éducation populaire revivifiée. Celle-ci ne doit plus rester un vain mot porté par la bonne volonté de quelques forces militantes résiduelles. Elle doit être un axe fondamental d’une politique volontariste de l’État et des collectivités territoriales. Elle doit aussi, et surtout, par le biais d’associations de proximité être largement accessible aux quartiers dits périphériques, victimes de la ségrégation éducative. Contre l’écrasante hégémonie culturelle et médiatique libérale, contre la montée inexorable des populismes, des extrémismes et de l’intolérance, contre les fractures identitaires et religieuses, contre des formes larvées de guerre civile, alors il deviendra possible de faire comprendre à toutes les victimes des crises qu’ils doivent refuser une hypothétique issue à leur déclassement, à leur exaspération ou à leur malaise chez des boucs-émissaires. Alors il deviendra possible de convaincre tous les sacrifiés qu’ils peuvent s’unir et mener solidairement : français, étrangers, immigrés, exclus, jeunes, précaires... un juste combat politique pour faire reculer les ébranlements sociaux, mettre un terme aux stigmatisations, aux oppressions et pour faire reconnaître leurs droits.

La situation est grave et nécessite la mobilisation de chacun. Éduquer pour vivre ensemble en respectant les principes d’une laïcité ferme et tolérante, est aujourd’hui vital pour conjurer, s’il en est encore temps, le racisme institutionnel ressenti par les minorités, les cris de haine et les périls mortels qui menacent les valeurs républicaines. C’est le meilleur moyen pour rendre tout son sens à la démocratie et à la citoyenneté.

A Saint-Lô le 04 septembre 2016


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