Semaine d’éducation contre le racisme mars 2012

lundi 26 mars 2012 par mrap

Semaine d’éducation contre le racisme mars 2012

C’est en 1966 que l’Assemblée générale des Nations Unies a proclamé le 21 mars « Journée Internationale pour l’élimination de la discrimination raciale », en mémoire des 69 personnes, tuées par la police sud-africaine, alors qu’elles manifestaient pacifiquement, le 21 mars 1960 à Sharpeville, contre le régime de l’Apartheid.

Depuis cette date, de nombreux conflits ont éclaté sur tous les continents, provoqués souvent par la haine ethnique ou raciale et attisés par de nombreux régimes corrompus.

Notre Europe est traversée par une crise économique et financière sans précèdent. Elle s’installe dans une récession qui favorise le développement des idées xénophobes. En France, nous subissons une situation politique, économique et sociale qui se dégrade de jour en jour. Le pouvoir en place n’a de cesse que de vouloir remettre en cause tous les acquis sociaux, obtenus par les luttes ou issus du programme du Conseil National de la Résistance. Les conséquences sont dramatiques s’agissant notamment de l’accroissement du chômage et de la précarité : 8 millions de personnes vivent au-dessous du seuil de pauvreté dans notre pays !

Comme toujours en temps de crise, le pouvoir tente de désigner les immigrés comme des boucs émissaires, responsables de bien des maux de la société française. Depuis 10 ans, ce ne sont pas moins de six lois répressives sur l’immigration qui ont été votées. Pour des raisons électorales, le gouvernement joue un jeu très dangereux dans cette surenchère avec le Front National. Cela contribue à légitimer ce parti qui, sous ses habits neufs, reste profondément un parti d’extrême droite dont le fond de commerce demeure le racisme et la xénophobie.

La ficelle du bouc-émissaire est grosse. Elle est vieille comme la xénophobie et les politiques de régression sociale. Tout est mis en œuvre pour détourner la colère contre les responsables du pouvoir politique et financier vers les plus pauvres et les étrangers.

Et pourtant, ne nous cachons pas la vérité. Les discours qui présentent l’étranger comme celui qui veut dominer notre communauté, font mouchent, marchent et marquent. La morale, la science ou la raison sont de bien faibles digues contre les humeurs et les émotions xénophobes. Le dernier rapport de la Commission consultative des droits de l’homme le note. Pour la première fois depuis des années, il y a une montée de l’intolérance en France. Aujourd’hui une majorité de français estime que l’intégration des personnes étrangères fonctionne mal et que cet échec est notamment du aux personnes elles-mêmes. Une majorité pense aussi qu’il y a trop d’étrangers en France. Les deux tiers des français sont convaincus que de nombreux immigrés viennent dans notre pays, uniquement pour profiter des protections sociales et presque une moitié, juge que l’immigration est la principale cause de l’insécurité.

Cela traduit que les discours xénophobes sont aujourd’hui libérés, sortis du champ de l’extrémisme où ils ont longtemps été cantonnés. Ils sont largement énoncés et développés par les hommes politiques et par nos dirigeants dans une multitude de discours, de propos, d’opinions ou de réactions insupportables. Indubitablement, l’heure n’est pas au regard bienveillant sur l’étranger, l’immigré, en particulier s’il est pauvre, arabe et ou musulman. Les verrous sautent et rendent dès lors possible, normale et légitime la généralisation de la méfiance à l’égard de ceux qui viendraient d’ailleurs. Ce phénomène n’est pas nouveau dans l’histoire et a toujours eu des conséquences dramatiques.

Nous lançons un cri d’alarme « Passées les bornes…il n’y a plus de limites ! » Pour contrer le racisme, tous ceux qui croient à l’égalité des droits pour mieux vivre ensemble, tous ceux qui savent que l’ignorance nourrit le rejet de l’autre, doivent s’engager. Associations, syndicats, défenseurs des droits de l’homme, médias…doivent se mobiliser avant qu’il ne soit trop tard. Le Mrap est disponible pour des initiatives communes favorisant la décolonisation des esprits par la lutte contre le mensonge (conférences, débats, échanges, formation…).

Ce printemps 2012, sera celui de choix démocratiques déterminants pour l’avenir de la société française. Les français devront décider entre deux conceptions : celle de l’égalité des droits ou celle de la division des citoyens en raison de leur situation sociale ou de leurs origines.

A l’approche d’échéances électorales importantes, le Mrap veut dire haut et fort qu’une société plus juste et plus fraternelle, où chacun puisse avoir les mêmes droits est possible. Pour favoriser la décolonisation des esprits, nous avons décidé de rappeler que les étrangers et les immigrés, et en particulier ceux qui sont venus reconstruire Saint-Lô, ont largement contribué au développement de l’économie et à l’enrichissement de notre ville. Pour vous parler de cette initiative, je laisse la parole à notre ami Kulenga Mbonzi, en me félicitant vivement que, cette mémoire occultée, puisse revivre grâce à la culture, à l’intelligence et au travail bénévole, d’un de ces hommes, venu d’ailleurs.

Tous ensemble construisons la France qui est capable de parler à l’humanité, la France fière d’être le pays qui a donné au monde la déclaration des droits de l’homme et du citoyen, celle de la liberté, de l’égalité, de la fraternité.


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